Cap sur les nouvelles missions

Longtemps identifié comme le garant de la fiabilité de l’information financière et fiscale, l’expert-comptable voit aujourd’hui son rôle évoluer profondément. La digitalisation des processus, l’arrivée de la facturation électronique, les nouvelles exigences réglementaires, les enjeux de durabilité ou encore les attentes croissantes des dirigeants conduisent la profession à repenser son modèle.

Cette évolution ne constitue pas une simple modernisation des pratiques. Elle traduit une transformation majeure du métier, marquée par l’émergence de nouvelles compétences et de nouveaux domaines d’intervention. Gestion de patrimoine, accompagnement social et RH, exploitation des données, conseil en transition numérique, accompagnement des acteurs publics ou encore durabilité : les opportunités de développement sont nombreuses pour les cabinets.

Dans la continuité des réflexions portées par le Campus 2026, ce dossier met en lumière plusieurs missions à fort potentiel qui dessinent les contours de l’expert-comptable de demain : un professionnel toujours garant de la confiance, mais également partenaire stratégique de la performance et de la transformation des organisations.

« Développer de nouvelles missions est indispensable pour s’adapter aux évolutions du marché, assurer la pérennité de nos cabinets et rester compétitif ; se renouveler n’est plus un choix, mais une nécessité. »

Vincent LEFEBVRE
Président de la commission Communication & Attractivité

GESTION DU PATRIMOINE :
un accompagnement à forte valeur ajoutée

Longtemps perçu comme le spécialiste de la comptabilité, de la fiscalité et de l’accompagnement des entreprises, l’expert-comptable voit aujourd’hui son champ d’intervention s’élargir considérablement. Parmi les nouvelles missions qui se développent, le conseil en gestion de patrimoine occupe une place croissante. Cette évolution répond à une demande forte des dirigeants d’entreprise, des professions libérales et des particuliers qui souhaitent bénéficier d’un accompagnement global dans la gestion, la protection et la transmission de leur patrimoine.

Grâce à sa connaissance approfondie de la situation économique, fiscale et juridique de ses clients, l’expert-comptable dispose d’une vision globale lui permettant d’identifier les enjeux patrimoniaux et de proposer des stratégies adaptées. Son intervention peut porter sur l’optimisation fiscale, la préparation de la retraite, la transmission d’entreprise, la protection du conjoint, l’organisation du patrimoine immobilier ou encore les choix de détention des actifs. Dans ce domaine, l’expert-comptable devient un véritable conseiller de confiance capable d’accompagner ses clients sur le long terme.

Conscient de ces nouvelles attentes et des opportunités qu’elles représentent pour la profession, le Conseil régional de l’Ordre et l’IRF Form@t se mobilisent afin de favoriser le développement des compétences patrimoniales au sein des cabinets. Plusieurs actions visant à accompagner les professionnels dans cette évolution sont mises en place. Parmi ces initiatives figure la création d’un diplôme universitaire intitulé « Stratégies Patrimoniales, structuration et optimisation civiles et fiscales » en partenariat avec l’ISEA de l’Université Catholique de Lille. Cette formation inter professionnelle de haut niveau lancée dès la rentrée 2026 vise à apporter aux professionnels des compétences avancées en structuration patrimoniale, optimisation fiscale et transmission d’entreprise. Organisée en 5 modules sur le Campus Vauban à Lille, elle projette de répondre aux enjeux croissants d’accompagnement stratégique des clients dans un environnement juridique et fiscal en constante évolution.

D’autres actions comme la demi-journée de formation inter professionnelle proposée en février 2026 à Lille à l’ISEA consacrée à l’usufruit de droits sociaux et animée par Catherine ORLHAC illustre la volonté de la profession de se positionner comme un acteur majeur du conseil patrimonial en développant une expertise reconnue et adaptée aux enjeux contemporains.

TÉMOIGNAGE

Jean-Daniel WECXSTEEN, Directeur de l’Institut Supérieur d’Expertise et d’Audit – ISEA & Responsable pédagogique du Master Droit et Gestion de Patrimoine

Comment ce D.U permet-il aux experts-comptables de renforcer leur rôle de conseil (et d’accompagner leurs clients sur des problématiques patrimoniales de plus en plus complexes) ?

L’expert-comptable accompagne les entrepreneurs sur les aspects fiscaux, juridiques et comptables. Ce diplôme universitaire a été construit pour lui donner des clés pour compléter cet accompagnement : réfléchir à la transmission et à la répartition du patrimoine ainsi qu’aux moyens d’atteindre ses objectifs. Ces questions sont parfois complexes. L’expert-comptable devrait être en mesure de mettre en évidence des problématiques dont le client n’a pas toujours conscience. Le D.U. permet d’aborder le droit, la fiscalité patrimoniale, la stratégie et la prévoyance. Chaque thématique est enseignée par un professionnel : avocat, notaire, conseiller en gestion de patrimoine ou formateur spécialisé. La théorie s’accompagnera de cas pratiques pour que le programme soit le plus opérationnel possible.

SOCIAL :
une opportunité de conseil à saisir

Dans un contexte où les attentes des dirigeants évoluent, les missions sociales et RH prennent une place croissante dans l’offre des cabinets. Au-delà de la paie et des obligations déclaratives, les entreprises recherchent aujourd’hui un accompagnement plus global, plus personnalisé et plus stratégique sur leurs enjeux humains.
Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives pour la profession. Parce qu’il connaît l’entreprise, son dirigeant et son organisation, l’expert-comptable est idéalement placé pour proposer des prestations sociales à forte valeur ajoutée. Ces missions permettent de répondre à des besoins concrets tout en développant de nouveaux relais de croissance pour les cabinets.

Parmi les missions émergentes, l’accompagnement retraite constitue un enjeu majeur. Pour un dirigeant, un salarié ou un travailleur indépendant, les questions sont nombreuses : à quel âge pourrais-je partir ? Quand pourrais-je bénéficier du taux plein ? Quel sera le niveau de mes pensions futures ? Existe-t-il des solutions pour améliorer ce niveau de pensions ? En apportant une lecture claire et personnalisée, le cabinet aide ses clients à anticiper, arbitrer et sécuriser leurs décisions.

Autre axe de développement : les entretiens de parcours professionnel. Avec les nouvelles modalités issues de la loi du 24 octobre 2025, les entreprises doivent repenser leur accompagnement des salariés dans la durée. Là encore, l’expert-comptable peut intervenir pour structurer la démarche, sécuriser le cadre, accompagner la conduite des entretiens et aider l’entreprise à transformer cette obligation en véritable outil de gestion des compétences. Ces missions répondent à un double objectif : renforcer l’accompagnement des clients et valoriser l’expertise du cabinet. Elles permettent une évolution considérable, passant d’une logique déclarative vers une approche de conseil, centrée sur l’anticipation, la décision et la performance sociale.

Pour les cabinets, le social devient ainsi un champ d’intervention stratégique. En structurant leur offre autour de nouvelles missions identifiées, ils peuvent générer du chiffre d’affaires additionnel tout en renforçant leur rôle de partenaire de confiance des dirigeants. Les missions sociales constituent un véritable levier de conseil, de différenciation et de développement de la profession.

INTERVIEW FLASH

Mickaël NOULLEZ & Julie THOLLON CHANCEL, Co-Président(e)s de la commission Sociale du Conseil régional de l’Ordre

Comment les cabinets peuvent-ils faire évoluer la perception des missions sociales, encore parfois réduites à la gestion de la paie ?

Les cabinets doivent démontrer qu’ils ne se limitent pas à la production des bulletins de paie, mais qu’ils constituent de véritables partenaires de la performance des entreprises. La création de valeur repose sur une communication claire, une expertise métier reconnue, un conseil proactif et la mesure des bénéfices apportés aux entreprises. Cet accompagnement se traduit notamment par des nouvelles prestations en recrutement, organisation du travail, formation, audit social, GPEC ou encore entretiens professionnels.

Quelles opportunités concrètes voyez-vous pour développer une offre sociale à forte valeur ajoutée ?

Les opportunités les plus porteuses naissent du croisement entre droit social, RH, data et conseil stratégique. La paie devient une porte d’entrée vers des missions à plus forte valeur ajoutée. Les données issues de sa gestion doivent être exploitées pour proposer de nouveaux accompagnements, avec une veille sociale régulière. Les données collectées et l’évolution constante de la réglementation offrent aux cabinets l’opportunité d’identifier les besoins de leurs clients et de proposer des missions de conseil à forte valeur ajoutée.

NUMÉRIQUE :
révéler le potentiel de la donnée

Facture électronique, intelligence artificielle, exploitation de la donnée et cybersécurité…. Le numérique transforme profondément l’environnement des entreprises et, avec lui, la profession d’expert-comptable. Loin de se limiter à l’adoption de nouveaux outils, cette révolution ouvre la voie vers de formidables et nouvelles perspectives qui renforcent le rôle de l’expert-comptable.

La réforme de la facture électronique en est l’illustration la plus visible. Initialement perçue comme une contrainte réglementaire, elle constitue surtout une formidable opportunité d’évolution pour les cabinets. En automatisant les échanges et en fiabilisant les données, elle permet de réduire les tâches répétitives et d’accéder plus rapidement à l’information.

Cette évolution donne une nouvelle dimension au concept de « full service », développé depuis plusieurs années par la profession. Le temps libéré par l’automatisation et la disponibilité immédiate des données ouvrent la voie à de nouveaux services : mandat de facturation, gestion des paiements, suivi des délais d’encaissement, recouvrement de créances ou encore crédit management. L’expert-comptable ne se contente plus d’enregistrer les flux ; il accompagne l’entreprise dans son pilotage et son optimisation.

Cette transformation place naturellement la donnée au cœur des nouvelles missions. Les entreprises disposent aujourd’hui d’un volume considérable d’informations mais peinent souvent à en tirer toute la valeur. Grâce aux outils data développés par la profession et aux nouvelles solutions numériques, les cabinets sont en mesure de produire des analyses plus fines et plus pertinentes.

Suivi de la performance économique et financière, anticipation des besoins de trésorerie, analyse des marges, pilotage de l’activité ou encore accompagnement RH : la donnée devient un véritable outil d’aide à la décision. L’intelligence artificielle accélère encore cette dynamique. Désormais accessible et opérationnelle, elle permet d’automatiser certaines tâches, de faciliter l’analyse des informations et de dégager du temps pour le conseil.

L’enjeu est majeur pour les cabinets. Le temps gagné grâce à ces technologies peut être réinvesti dans le développement de nouvelles offres et dans l’accompagnement des clients. Les cas d’usage se multiplient déjà, qu’il s’agisse de renforcer le pilotage économique et financier des entreprises ou d’enrichir les missions sociales et RH grâce à l’analyse des données disponibles.

Mais cette accélération numérique s’accompagne également de nouveaux risques. A mesure que les flux se dématérialisent et que les données circulent davantage, la cybersécurité devient un enjeu stratégique pour les cabinets comme pour leurs clients.

« Les échanges et flux comptables sont désormais quasi exclusivement numériques et l’arrivée de la facture électronique va accentuer cette évolution », souligne Eric FLAMENCOURT, Expert-comptable et Membre de la commission Innovation & Performance numérique du Conseil régional de l’Ordre

Contrairement aux idées reçues, les attaques ne prennent pas toujours la forme d’un blocage informatique spectaculaire. Certaines sont beaucoup plus discrètes : modification de coordonnées bancaires, interception de factures ou détournement de paiements. « Ces piratages ne bloquent pas les systèmes mais modifient les données, ce qui les rend difficile à détecter », rappelle-t-il.

Dans ce contexte, les experts-comptables ont un rôle majeur de prévention. Leur connaissance des procédures et des systèmes d’information leur permet d’accompagner les entreprises dans l’adoption de bonnes pratiques : utilisation d’espaces clients sécurisés, gestion rigoureuse des mots de passe, sauvegardes régulières, sensibilisation des collaborateurs ou encore sécurisation des accès. La cybersécurité n’est pas seulement une question d’outils ; elle repose avant tout sur une culture du risque partagée par l’ensemble des acteurs. Pour Eric FLAMENCOURT, le message est clair : « Il ne faut surtout pas négliger le sujet. Les sauvegardes, le PRA (Plan de Reprise d’Activité) et/ou le PCA (Plan de Continuité d’Activité) restent le meilleur moyen de rebondir après une attaque. »

Facture électronique, data, IA et cybersécurité participent finalement à une même évolution : celle d’une profession qui s’appuie sur la technologie pour renforcer son rôle de conseil. Plus que jamais, le numérique apparaît comme un levier de création de valeur pour les cabinets et leurs clients. Une opportunité de transformer les contraintes technologiques en véritables moteurs de croissance et de performance.

« La commission Innovation & Performance numérique du Conseil régional de l’Ordre travaille activement sur l’ensemble de ces sujets qui transforme profondément notre métier. Plus particulièrement, la réussite de la réforme de la facture électronique qui nous préoccupe en cette rentrée 2026 repose sur une mobilisation collective. La profession bénéficie d’un dialogue constructif avec les éditeurs et d’un accompagnement fort des finances publiques. La profession dispose aujourd’hui d’un cadre clair pour accompagner les entreprises dans cette transition. Au-delà de la mise en conformité, cette réforme ouvre la voie à de nouvelles missions autour de la gestion des flux, de l’exploitation de la donnée et du conseil. Elle permettra aux experts-comptables de renforcer encore le rôle de partenaire stratégique auprès des dirigeants. »

Boris LELAURE
Président de la commission Innovation & Performance numérique

SECTEUR PUBLIC :
un marché d’avenir pour la profession

Face aux évolutions réglementaires, aux exigences croissantes de transparence et à la recherche d’une gestion toujours plus performante des ressources publiques, les besoins d’accompagnement des acteurs du secteur public se renforcent.

Collectivités territoriales, établissements publics ou structures parapubliques sont confrontés à des enjeux complexes de pilotage, d’organisation et de sécurisation de leurs procédures. Grace à leur expertise en matière de gestion, de contrôle et d’analyse financière, les experts-comptables peuvent répondre à ce besoin d’accompagnement. Les opportunités de missions sont nombreuses : assistance à la commande publique, accompagnement dans la définition et le suivi des procédures, aide au choix d’un mode de gestion, optimisation des processus ou encore amélioration du pilotage financier. Autant de domaines dans lesquels la profession peut apporter une expertise reconnue et indépendante.

Encore méconnu au sein de la profession, le secteur public représente ainsi un marché à fort potentiel. En investissant ce champ d’intervention, les experts-comptables peuvent diversifier leurs activités et répondre à des besoins croissants d’accompagnement au service de l’intérêt général.

« Le secteur public n’est pas un marché de conquête rapide. Il faut du temps pour appréhender ses règles, ses procédures et construire sa légitimité. Mais les cabinets qui s’y investissent découvrent un environnement riche en opportunités, avec des besoins croissants en matière de gestion, d’organisation et d’accompagnement à la décision. C’est un secteur exigeant mais particulièrement porteur pour l’avenir de la profession. »

Rudy JARDOT
Président de la commission Associations, Secteur public & Mécénat du Conseil régional de l’Ordre

DURABILITÉ :
une expertise en pleine expansion

La durabilité n’est plus un sujet réservé aux grandes entreprises. Sous l’effet des évolutions réglementaires, des attentes des donneurs d’ordre, des banques et des investisseurs, les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) concernent désormais l’ensemble du tissu économique. Dans cette transformation, les experts-comptables s’imposent comme des acteurs de premier plan.

Leur première mission consiste à accompagner les entreprises dans le respect de leurs obligations RSE. Index de l’égalité professionnelle, document unique d’évaluation des risques, bilan des émissions de gaz à effet de serre, rapport de durabilité ou encore devoir de vigilance : les textes se multiplient et nécessitent une expertise croissante. Les experts-comptables ont un devoir d’information, de conseil et de mise en garde auprès de leurs clients afin de les aider à identifier les obligations qui leur sont applicables et à s’y conformer.

Mais leur rôle va bien au-delà de la seule conformité réglementaire. Les enjeux de durabilité deviennent progressivement des leviers de pilotage et de compétitivité. Les professionnels du chiffre accompagnent ainsi les dirigeants dans la recherche de financements durables, notamment à travers les prêts à impact. Ils interviennent dans le choix et le suivi des indicateurs ESG, la définition des objectifs de progression et l’attestation de leur cohérence. Autre domaine en plein essor : l’accompagnement des entreprises souhaitant formaliser une raison d’être ou adopter la qualité de société à mission.

La transition bas carbone constitue également un nouveau champ d’intervention. Grâce à des formations dédiées, les experts-comptables peuvent réaliser ou évaluer des bilans carbone, identifier les principales sources d’émissions de gaz à effet de serre, construire des plans d’actions et accompagner les entreprises dans leur trajectoire de décarbonation.

Enfin, le développement du reporting de durabilité ouvre de nouvelles perspectives. Si la directive CSRD concerne principalement les grandes entreprises, les TPE et PME sont de plus en plus sollicitées par leurs partenaires pour communiquer des informations ESG. Le standard volontaire VSME leur offre désormais un cadre simplifié. Là encore, l’expert-comptable apparaît comme le partenaire naturel pour collecter, fiabiliser et valoriser ces données.

INTERVIEW FLASH

Eric FERDJALLAH-CHEREL, Directeur de la Stratégie métiers & Directeur du département des Études métiers du Conseil national de l’Ordre et Alan BLONDEAU, Chargé de mission Durabilité du Conseil national de l’Ordre

Comment la durabilité transforme-t-elle aujourd’hui concrètement la profession ?

La durabilité fait passer la profession d’une logique de conformité à un rôle de pilotage stratégique : au-delà du reporting (CSRD/VSME), l’enjeu est désormais d’aider les dirigeants à intégrer les risques climatiques dans leurs décisions d’investissement, pour sécuriser la continuité et renforcer la résilience du modèle d’affaires de nos clients.

Quels sont selon vous les sujets qui présentent le plus fort potentiel de développement pour les cabinets ?

La résilience du modèle d’affaires est la pierre angulaire des nouvelles missions qui s’offrent à la profession : le Bilan Carbone® n’est plus un exercice isolé mais la base du plan de transition climatique, alliant réduction de la dépendance aux énergies fossiles et protection des marges. Le reporting VSME, de son côté, constitue un vrai outil de pilotage annuel : il permet de repérer les risques concrets pour l’entreprise et de suivre dans le temps les actions pour les réduire.

Et pour les commissaires aux comptes, de nouvelles prestations possibles !
Par Frédéric TILLY, Président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes Hauts-de-France

La loi n°2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et à la transformation des entreprises (dite « loi PACTE »), publiée au Journal Officiel le 23 mai 2019, a profondément modifié l’exercice de la profession de commissaire aux comptes. Au-delà de ses incidences sur les seuils d’intervention du commissaire aux comptes dans les PME, cette réforme s’est notamment traduite par :

1 La suppression de la liste des services interdits pour les entités qui ne sont pas des entités d’intérêt public (non EIP) ainsi que la suppression des interdictions supplémentaires prévues par le droit français pour les missions de certification des entités d’intérêt public (EIP). En revanche, les interdictions de services prévues par le règlement européen demeurent applicables dans le cadre des missions de certification légale des comptes.

2 L’introduction de la possibilité pour les commissaires aux comptes de fournir des services et des attestations, que ce soit dans le cadre d’une mission légale ou en dehors de celle-ci, sous réserve du respect des principes d’indépendance et des règles déontologiques applicables à la profession.
Parmi les prestations pouvant être réalisées par le commissaire aux comptes – le terme « missions » étant réservé aux interventions prévues par une disposition législative ou réglementaire – figurent par exemple (la liste est non exhaustive) :

  • l’évaluation de l’efficacité du contrôle interne comptable et financier,
  • l’attestation de données prévisionnelles ou du business plan,
  • l’attestation des ratios financiers,
  • l’audit financier contractuel,
  • le diagnostic de la solvabilité,
  • l’attestation de l’utilisation des fonds reçus conformément à leur objet,
  • l’attestation de la conformité sociale,
  • l’appréciation de l’efficacité des dispositifs cybersécurité,
  • l’audit des systèmes d’information,
  • l’évaluation de l’efficacité d’un processus,
  • et l’attestation de données extra-financières : responsabilité sociétale de l’entité.

Il convient toutefois de rappeler que certaines prestations demeurent incompatibles avec l’exercice de la mission de commissaire aux comptes, notamment la production des comptes annuels ainsi que l’établissement des bulletins de paie. Avant d’accepter une nouvelle prestation, le commissaire aux comptes doit ainsi procéder à une analyse rigoureuse de son indépendance, laquelle s’apprécie tant en réalité qu’en apparence. L’un des principaux risques réside également dans l’autorévision.

Afin d’accompagner les commissaires aux comptes dans leur acceptation et dans leur émission d’opinion, la commission d’Ethique Professionnelle de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes – CNCC a élaboré outils et guides pratiques dont :

  • La FAQ de la CEP « Questions/réponses relatives au Code de déontologie post loi PACTE – Mise en œuvre de l’analyse risque/sauvegarde pour les entités non EIP : nouvelles offres et services auparavant interdits »,
  • La fiche de décryptage « Code de déontologie 2020 – Risque d’autorévision ou d’indépendance : comment réaliser une approche “risque/sauvegarde ?” »

Les commissaires aux comptes sont également invités à se référer au Code de déontologie de la profession, disponible sur le site de la CNCC : www.cncc.fr.